Renoncer au rêve d'une vie, à l'ambition d'une existence, au moment précis où l'on touche au but [...]

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Renoncer au rêve d’une vie, à l’ambition d’une existence, au moment précis où l’on touche au but, il n’est que ceux à qui pareille déception arrive pour savoir ce qu’il en coûte. (Paul Michaud)

J’avais pensé et préparé la course des milliers de fois (troubles intestinaux, blessure légère, matériel cassé, météo défavorable, etc) mais jamais je n’avais envisagé ce mille et unième scénario…

Partie I: je veux

D-day. Alors que j’émerge doucement d’une bonne nuit de sommeil, j’entends un bruit à l’extérieur que je n’aime pas beaucoup : le bruit des pneus de voiture sur une route mouillée. Je me dirige alors vers la fenêtre et découvre des cordes d’eau tombant du ciel. J’ouvre la porte de ma chambre, mon cousin qui m’accompagne est lui aussi réveillé et il a lui aussi vu le temps. Nous nous regardons sans échanger mot. Je suis calme et sereine (je vis en Suède alors le sale temps !…) mais soupire fortement tout de même. Il me lance : « Bon, il est 9h du mat’, la course est à 18h30 ce soir, ça a encore le temps de se dégager ». Quelques minutes plus tard, le tonnerre gronde… Soit, le ciel répond à Manu et lui dit « Je crois que tu te trompes coco !», soit le ciel se met au travail pour virer tous ces nuages et laisser passer le soleil.




La journée se déroule non pas à attendre que le temps passe mais que le soleil arrive. Mais l’envie de courir et de prendre enfin ce départ, profiter de cette nouvelle chance qui m’est donnée après mon abandon l’an dernier, et mettre un sens à tous les entraînements réalisés depuis 8 mois et enfin concrétiser, vivre et partager mon rêve, font que même sous la pluie, je n’en peux plus d’attendre 18h30.


18h : le ciel est menaçant mais il ne pleut plus et je me rends sur la ligne, accompagnée de mon père, ma grande sœur et mon cousin. Pour ces deux derniers, c’est la première fois qu’ils me suivent sur une course. J’entends en « vrai » car ils ont été les premiers à me suivre sur Internet sans se décoller de leurs écrans pendant des heures. Je vois qu’ils sont aussi électriques que moi. Cela est dû à l’atmosphère : ils vivent ce que j’ai vécu il y a 4 ans, sur cette même place de départ, dans cette ambiance que l’on ne peut comprendre que lorsqu’on y est. C’était lorsque que je lançai à mon père « L’an prochain c’est moi que tu applaudiras ». Ils essaient néanmoins d’être le plus neutre possible pour ne pas me perturber. Cependant je sens quand même que tous les trois sont vraiment contents d’être là, avec moi, peut-être un peu pour moi aussi, mais également pour vivre cette expérience folle de leur côté de la barrière. Eux aussi ont hâte que cela commence et cela me galvanise à bloc !

Préparation...
Je suis prête...



18h30 : le départ est donné. Je laisse mes GA (gentils accompagnateurs) derrière moi et entame ces premiers mètres les larmes aux yeux. J’en profite. De cette première seconde et pendant les 43h à venir, je veux profiter. Pas un seul entraînement je n’ai passé sans avoir les larmes aux yeux en pensant à cette ligne que je franchirais après avoir bouclé mon tour, mon rêve. C’est autant d’émotion de la passer en sens inverse. Dès les premiers mètres, alors que nous marchons au pas, beaucoup m’attrapent la main et me félicitent « Allez Madame » ou « Allez les filles ! ». Même les organisateurs sur la ligne me tapent l’épaule et me lance « Allez, on se revoit bientôt ».

Au sortir de la ville, la foule s’affaiblit un peu mais la pluie se réinvite. Malgré notre entrée dans les sous-bois, nous commençons à être bien mouillés et beaucoup s’arrêtent pour mettre une veste, ‘optimistement’ gardée dans le sac. Je décide de continuer pour la garder au sec le plus longtemps possible. Malgré mon corps trempé, ma volonté est imperméable. Après 10 minutes, il pleut tellement fort que même à l’abris des arbres nous ruisselons et je sors donc ma veste à ce moment. Quelques minutes plus tard je rencontre Camilla, une suédoise qui se trouve avoir fait la même course que moi à Stockholm (récit ici) sous des conditions dantesques également. Nous plaisantons donc sur le fait que nous sommes parées et que cette grosse pluie ne nous fait pas peur !


Après une heure de course, toujours sous une pluie intermittente mais forte, nous attaquons la première ascension. Malgré le vent qui commence un peu à souffler sur nos corps saisis de froid, nous allons toutes les deux bien et continuons d’échanger, plaisanter sur ce que nous avons vécu en Suède. Beaucoup nous regardent avec étonnement : est-ce parce que nous parlons anglais ou bien parce que nous parlons tranquillement en montée ?? Quoiqu’il en soit, nous avons un super moral et je me réjouis d’autant plus d’avoir déjà trouvé une compagnone de route, chose qui m’avait fait défaut l’an dernier.


Après 2h30 de course, la nuit est tombée, précipitée par le mauvais temps et Camilla et moi allumons nos frontales. Juste après nous entamons la descente vers Saint Gervais où je dois voir pour la première fois mes GA. J’ai hâte !! Cependant nous y allons prudemment car cette descente d’ordinaire déjà casse-pipe l’est encore plus avec toute cette pluie tombée dans les dernières heures. Après quelques mètres, je revis vraiment la course d’Ursvik : la nuit, le froid, la pluie, la boue. Je m’en amuse. Nos pieds glissent de plusieurs dizaines de centimètres à chaque pas et beaucoup tombent autour de moi. Je perds le sourire quelques minutes plus tard lorsque j’entends la conversation téléphonique d’un autre coureur. Il parle d’arrêt de la course. Comme ils sont un groupe de trois, je me dis que peut-être j’ai mal entendu : ils ont un ami de leur groupe qui vient d’arrêter la course, d’où leur saisissement. Je traduis à Camilla ce que je viens d’entendre mais je lui dis que j’ai peut-être –je l’espère- mal entendu, aussi nous continuons à descendre avec prudence et en discutant.


Quelques minutes plus tard, un autre coup de fil, un autre coureur, la même info. Pourrait-ce être à nouveau un ami de cette personne qui aurait abandonné ? Je l’espère très très fort. Très très fort. Mais un troisième téléphone sonne. Pareil. Camilla me lance : « Ca n’est pas possible, j’espère que ce n’est pas vrai ». Je lui demande de ne pas le dire, de ne pas y penser. Nous ne devons absolument pas commencer à penser que la course va être arrêtée. C’est le meilleur moyen pour être démotivées une fois arrivée à Saint Gervais même si la course continuait. Je lui dis que nous devons penser à la Croix Du Bonhomme, l’étape et ascension suivante qui va nous demander beaucoup d’énergie. Nous devons garder tout ce que nous avons et qui est déjà attaquée par le froid et le sol glissant.


Un peu plus tard, nous arrivons au premières maisons juchées sur les pentes. Il y a un bénévole et deux enfants. Ces derniers nous lancent : « Vous ne savez pas que la course a été arrêtée ? ». Un homme courrant à nos côtés soupire : « Je le savais, c’est fini ». Je lui réponds tout de suite « Mais ce sont des enfants, on ne peut pas les croire. (NB : vous me reconnaîtrez bien là). Ou bien cela peut être temporaire, ils ne le savent pas. Il faut rester optimiste ! ». Je traduis à Camilla que nous devons rester optimistes. Nous entrons ensuite dans les petites rues où un autre bénévole ne parle pas mais croise ses bras en l’air. Non, je ne regarde pas et continue. Beaucoup s’arrêtent de courir. Quelqu’un jette : « Tout ce fric pour rien ». Je lui rétorque qu’il y a quand même d’autres raisons d’être déçu(e)s que le fric. Nous, nous continuons. Arrivées sur la grand-rue avant le ravitaillement, il y a beaucoup moins de monde que dans mes souvenirs de l’an dernier. Ils sont plus tristes que l’an dernier aussi et ne nous applaudissent même pas. Ils nous regardent avec dépit et compassion. Il n’y a plus de musique. Camilla et moi accélérons un peu comme pour aller au plus vite à l’information. Mais nous avons compris. Nous avons bien compris et tout notre optimisme ne peut plus lutter. Aux vues de cette foule de coureurs massés dans l’aire de ravitaillement, trop peu pressés de remplir leurs gourdes d’eau et bien trop bavards avec tous les coureurs autour d’eux, c’est bel et bien fini. J’échange avec beaucoup des yeux écarquillés et au ciel ou des soupirs profonds. Mais j’ai beau soupirer, je n’éprouve pas de sentiment précis, rien qui ne me traverse violemment. Je crois que je ne comprends pas vraiment en réalité. Ou bien plutôt je suis dans l’expectative : mon optimisme ne m’a pas quittée et je me dis qu’ils vont trouver une solution. Certains avoueront être soulagés, soulagés de ne pas avoir eu à affronter les éléments. Pas une seule seconde ce n’est mon cas. Comme une enfant le jour de la rentrée, j’ai envie d’étendre mes bras en l’air, comme pour attraper ce qui m’échappe. L’ambiance est extrêmement bizarre. Je regarde autour, partout, je continue à attendre. Je décide alors d’appeler mes GA, pour savoir où ils sont, peut-être en savent-ils un peu plus ? Papa répond et me dit qu’ils sont toujours à Chamonix, les bus ne sont pas partis. De la neige, du vent et de la grêle nous attendaient sur les prochains sommets mais c’est surtout le froid et les coulées de boue qui ont décidé l’organisation de ne pas laisser continuer les 2300 concurrents. Papa n’ayant pas plus d’infos, il me conseille de rentrer. Après 21kms sur 166, cette ligne de passage de Saint Gervais sera notre ligne d’arrivée.


De retour à la gare de Chamonix après avoir attendu près d’une heure le train, sous la pluie, trempée et poussée par les mille autre coureurs voulant également rentrer, mes trois GA m’attendent sur le quai. Leurs mines sont également défaites. Ils se forcent à esquisser des sourires. Je sens qu’ils tâchent de cacher leur émotion pour essayer de me recevoir et me réconforter du mieux qu’ils peuvent. Cela n’a pas dû être évident pour eux non plus.  Ils ont eu deux déceptions à gérer. Nous échangeons un peu mais nous nous dépêchons également de rentrer car j’ai vraiment très très froid, quoique je me soie changée. Avec le recul, lorsque je me suis mise au lit, je ne réalisais pas. J’étais toujours dans l’incompréhension et surtout, au fond de moi, j’étais encore dans l’attente d’une solution. La course n’était pas finie, elle ne pouvait l’être, elle était à peine, presque même pas commencée ! Je me demandais encore « Quand est-ce qu’on part ? ».


En ouvrant les yeux le lendemain matin, je me demande quel jour nous sommes. « Dites-moi que nous sommes lundi, que j’ai des douleurs partout, que je peine à me mouvoir, parce que je me suis battue jusqu’au bout, parce que j’ai réalisé mon rêve ! ». Je n’ai mal nulle part. Aucune marque visible, pas de peau irritée, de coupures, de bleus, de reste de boue. Rien. L’incompréhension et l’attente ont laissé place à la colère et la douleur psychologique. J’ai envie de crier, de hurler ma souffrance pour expier me peine. Au petit-déjeuner, nous apprenons en regardant la télévision que la course va reprendre depuis Courmayeur et je reçois à peu près au même moment un texto de l’organisation envoyé dans la nuit et disant la même chose. Le nombre de participants est limité et le départ sera donné à 10h. Il est 9h passées.


Les heures tournent et je pense toujours que le départ va être donné. C’est vraiment comme si nous n’avions pas pris le départ. 21kms, c’est plus court que mes simples entraînements. Le jour J doit être aujourd’hui… Quand est-ce qu’on part ?? Cependant, lorsque je réalise, je regarde ma montre et je me dis « A cette heure-ci, je passerais tel point …» Cela pendant 43h, prévisions que j’avais faite.


Dans l’après-midi, nous sommes tous les quatre près de la ligne lorsque des concurrents de la PTL (une autre course partie plus tôt et ayant échappé à une partie du mauvais temps) arrivent. Nous sommes extrêmement nombreux sur la place et tout le monde les applaudit. J’ai les larmes aux yeux, comme à chaque fois que je vois un concurrent passer la ligne d’une course, mais je ne tarde pas à rompre en sanglots. C’est comme si on m’arrachait le cœur. Je me sens si faible et pourtant j’ai envie de hurler à m’en briser les cordes vocales. J’ai mal.
 
Partie II: je voulais

Je voulais passer cette ligne. C’est ça que je voulais. Depuis le lendemain de mon abandon il y a un an puis depuis la reprise de mon entraînement spécifique et intense il y a 8 mois, je ne pensais qu’à ça, encore et toujours plus. Cela me motivait, me rendait heureuse. J’aime ce sport il m’enrichit tellement. Les heures à penser et préparer le matériel, le plan de course, tous les entraînements la boule au ventre, l’adrénaline et les larmes aux yeux en s’imaginant la course et les derniers mètres, boostant à se pousser encore plus fort chaque jour. Tout cela devait prendre tout son sens sur cette ligne, l’envie ultime. Je voulais sentir mes jambes s’envoler, sentir le vent souffler sous mes ailes et m’emporter jusqu’à la ligne. Je voulais cette ligne. Ce n’est pas tant de m’être tant entraînée, je n’ai pas le sentiment une seule seconde de l’avoir fait pour rien comme je l’ai entendu car je sais que j’ai capitalisé tout cela pour le futur et les courses à venir. Ma douleur vient du sentiment terrible de vide et de non accomplissement. Je voulais que mes efforts payent là, pour cette course. Or à la différence de l’an dernier, où j’avais pu courir et me donner les moyens jusqu’à raisonnablement ne plus pouvoir, cette année je n’ai pas eu la chance de le faire. C’est comme avoir eu une deuxième balle de service pour la balle de match mais on me retient le bras. J’ai la balle dans la main et je sais qu’elle va passer le filet mais je ne peux rien en faire. "Les opportunités apparaissent le plus souvent sous la forme de malchance ou d'échec temporaire" (Napoleon Hill): cette année, j’étais beaucoup plus sereine, j’avais énormément travaillé, j’avais transformé toute ma colère et ma peine de l’an dernier en une énergie saturée de positif. Je ne me concentrais que sur les bonheurs de telles courses. J’étais impatiente de vivre chaque instant. Je voulais courir de nuit, avec ce silence magique et particulier, un mélange de concentration, optimisation de l’énergie et de mystère. Je voulais voir ce serpentin nocturne crée par nos lumières. Pour la deuxième nuit, je voulais expérimenter ces hallucinations dont les finishers parlent et qui caractérisent tellement cette course. Aurai-je vu des cochons roses ? Des élans jaune et bleu ? Je voulais être subjuguée par la beauté du lever de soleil aux sommets des cols de la Seigne et ensuite de Catogne. Je voulais plaisanter avec les bénévoles, la journée ou en pleine nuit, seule âme croisée en haut d’un sommet ou bien parmi tant d’autres dans la chaleur d’un gros ravitaillement. Je voulais attendre avec empressement de voir mes GA, découvrir leurs sourires au détour d’un dernier virage, leur soulagement de me voir enfin arriver. Je voulais entendre leurs blagues, leurs encouragements pour leur lancer « Allez, on se voit dans 2h ! » Je voulais commencer à sentir tous les os et muscles de mon corps soufrir mais arriver à transcender cette douleur, ne penser qu’au pas suivant, trouver cette force intérieure, voir que j’en suis capable. Je voulais courir 43h. Je voulais courir l’UTMB. Je voulais tout cela plus que tout. Je ne pouvais pas être plus confiante au départ et le temps hostile était même une force : je venais de boucler deux courses dans des conditions exécrables et j’étais convaincue que j’allais passer cette nuit et qu’après, avec la promesse d’un temps plus clément, la course commencerait vraiment et tout irait bien, jusqu’au bout. Je ne m’imaginais pas sur la ligne d’arrivée comme l’an dernier, je m’y voyais.


C’est injuste parce que je ne maîtrise pas, je ne suis pas responsable comme l’an dernier et il n’y a personne à blâmer. Je ne peux canaliser toute cette amertume et cette souffrance et la décharger sur quelqu’un. Elles sont là partout en moi, elles jouent avec mon cœur et mon corps et je ne peux rien faire, je ne peux qu’attendre qu’elles cessent et me laissent en paix. On dit que la chance est lorsque le travail rencontre une opportunité. La malchance, c'est juste la malchance... Il faut juste accepter que Dame Nature et Dame Montagne étaient en colère cette année et ne voulaient rien entendre : elles ont dit non. Malgré nos sacrifices. Nous avons voulu à jouer avec elles sans accepter ou plutôt, en occultant leurs règles du jeu, aussi cruelles soient elles.


Je suis au-delà de déçue et profondément triste car non seulement je n’ai pas pu vivre et concrétiser l’un de mes rêves que j’ai tant attendu et pour lequel j’ai tant travaillé, mais aussi parce que je n’aurai pas pu le partager. Mon cousin allait filmer ces trois jours de fête, des deux côtés du miroir pour que je n’aie pas seulement un souvenir de ce rêve mais aussi et surtout de leur côté, pour que je vois leur course aussi. Je voulais comprendre ce qu’ils ressentiraient, vivraient. Je voulais m’assurer de ce partage. De plus, je voulais rendre à mon cousin tout son soutien et le remercier de toute son admiration (encore incromprise à ce jour). Je garde en tête son poing rageur à moitié levé au ciel lors du départ. Je savais qu'il me porterait lorsque j'en aurais besoin avec notre humour que seuls nous comprenons. Je me réjouis cependant qu’il m’ait avoué vouloir un jour courir la CCC. Je voulais rendre à ma sœur tout le soutien également fourni pendant mes quatre années de course. Je voulais pouvoir la remercier d’avoir accepté pendant deux ans mon régime alimentaire et mes levers à 6h du matin pour aller m’entraîner. Ma grande soeur. Grande soeur: nous parlons peu, nous nous le disons si peu, mais pourtant, on s'aime si fort, je t'aime si fort... Et je voulais remercier mon père de m’encourager et m’accompagner dans tous les sports que j’ai faits et en particulier celui-ci. Je voulais le remercier pour son financement sans limites pour me permettre de réaliser les buts que je me suis fixée et dans de si bonnes conditions. Je sais qu’il continuera de m’aider en particulier pour l’UTMB car il sait l’importance que revêt cette course. C’est avec lui que je l’ai découverte il y a 4 ans et pour laquelle je m’entraîne toujours. Cette course m’a permis de devenir qui je suis. La saison estivale était avant pour moi une période de supplice car j’errais sans but à attendre la nouvelle saison de ski. Maintenant j’aime autant les deux périodes et je m’épanouis à courir et être en montagne. Je sais que tant que je ne l’aurai pas bouclée, j’aurai un vide.


72h après la course, le chagrin et la déception sont toujours là. J’ai rajouté une course au programme pour pouvoir clore cette saison et j’ai donc repris l’entraînement, au cours desquels je continue de penser à la ligne mais pas la bonne... Pour ce qui est de l’UTMB, j’ai maintenant le stress de savoir si je pourrai ou non courir l’an prochain : pas le nombre de points requis, si exception est faite, il y aura à nouveau le tirage au sort parmi les recalés prioritaires de l’an dernier, les 2000 coureurs de cette année ainsi que tous les autres qui veulent participer, ma nouvelle vie au Canada, etc. Chaque chose en son temps... 


MAJ: J'ai les points necessaires pour l'edition 2011 grace a cette course. Reste le tirage au sort...




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Lecture complémentaire :

Malgré tout, les « starters », loin d'imaginer alors qu'aucun d'entre eux ne serait cette année « finisher » ont vécu un moment rare à l'heure du départ. Des coureurs qui pleurent. Des spectateurs aussi. Des regards échangés d'une intensité inouïe, l'impression de voir des soldats partir en mission pour libérer le pays dans une longue procession. A Chamonix, les coureurs sont des héros avant même leurs premières foulées. Dans ces moments, où la plupart des spectateurs amassés dans les rues ou sur les balcons, sont des accompagnateurs, on perçoit toute la dimension de l'événement. S'attaquer à l'UTMB représente bien plus qu'une expérience personnelle. Elle implique toute une famille, tout un cercle d'amis d'abord supporters avant de vite devenir fans. Ce départ ressemble déjà une arrivée. L'arrivée de plusieurs mois de sacrifices familiaux, parfois financiers et d'un investissement à la hauteur du défi.

Et l’article de l’AFP : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5iQOlG8CQ-r8elk7qUtw1VrnXGVuw


Le profil de la course: 166kms et 9600m de denivele positif, 10 cols a plus de 2000m d'altitude
 

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